Des organisations de la société civile ouest-africaine appellent à la libération immédiate de Moussa Tchangari après la décision des Nations Unies concluant à une détention arbitraire
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Des organisations de la société civile ouest-africaine appellent à la libération immédiate de Moussa Tchangari après la décision des Nations Unies concluant à une détention arbitraire
Abuja, Nigeria | 28 juillet 2026
Nous, organisations de la société civile soussignées, réitérons notre appel à la libération immédiate et sans condition du journaliste nigérien et défenseur des droits humains Moussa Tchangari, à la suite de l’avis historique rendu par le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, qui a conclu au caractère arbitraire de sa détention et à sa violation du droit international des droits de l’Homme.
Les conclusions du Groupe de travail viennent confirmer ce que de nombreuses organisations de la société civile, défenseurs des droits humains et partenaires internationaux soutiennent déjà sans relâche depuis l’arrestation de M. Tchangari, le 3 décembre 2024 : « sa détention est motivée par des considérations politiques, viole les garanties fondamentales d’une procédure équitable et constitue une atteinte grave à l’espace civique et à la liberté d’expression au Niger. »
Le Groupe de travail des Nations Unies a appelé les autorités nigériennes à libérer immédiatement M. Tchangari, à lui accorder des réparations appropriées, à enquêter sur les circonstances de sa détention et à traduire les responsables en justice. Cette décision indépendante renforce considérablement le consensus international croissant selon lequel le maintien en détention de M. Tchangari ne saurait être justifié au regard du droit international.
Depuis plus de trois décennies, Moussa Tchangari incarne l’une des voix les plus respectées d’Afrique de l’Ouest en faveur de la démocratie, des droits humains, de la justice sociale et de la redevabilité publique. En tant que Secrétaire général de Alternative Espaces Citoyens, il n’a cessé de promouvoir la participation citoyenne, la transparence et l’engagement démocratique pacifique au Niger et dans la sous-région.
Son arrestation, peu après son retour d’Abuja (Nigeria), où il avait pris part à des échanges sur la démocratie, l’engagement civique et la solidarité africaine, a envoyé un signal alarmant aux acteurs de la société civile en Afrique de l’Ouest. Depuis lors, il demeure détenu, poursuivi pour des infractions liées au terrorisme, sans procès, malgré les multiples démarches entreprises par son équipe juridique pour obtenir sa libération.
La détention prolongée de M. Tchangari illustre une tendance plus large de rétrécissement de l’espace civique au Niger. Le recours croissant à des accusations liées à la sécurité nationale et au terrorisme, formulées de manière extensive, contre des journalistes, des militants et des voix critiques, menace non seulement les droits individuels, mais aussi les valeurs démocratiques essentielles à des sociétés pacifiques et responsables.
La protection de la sécurité nationale et celle des libertés fondamentales ne sont pas incompatibles. Les États ont la responsabilité légitime d’assurer la sécurité publique, mais cette responsabilité doit s’exercer dans le respect de l’État de droit et conformément aux engagements régionaux et internationaux en matière de droits humains.
Le maintien en détention de M. Tchangari, en dépit des conclusions d’un mécanisme indépendant des Nations Unies, soulève de graves préoccupations quant au respect des garanties procédurales, à l’indépendance de la justice et aux droits à la liberté, à un procès équitable et à la liberté d’expression consacrés par la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples ainsi que par d’autres instruments internationaux ratifiés par le Niger.
Nous appelons en conséquence les autorités nigériennes à :
- Libérer immédiatement et sans condition Moussa Tchangari ;
- Mettre en œuvre les recommandations du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire ;
- Garantir ses droits à une procédure régulière, à un procès équitable, ainsi qu’un accès adéquat à sa famille et à ses conseils juridiques dans l’attente de sa libération ;
- Mettre fin à l’utilisation d’accusations liées au terrorisme ou d’autres dispositions pénales pour réduire au silence l’engagement civique pacifique et les critiques légitimes.
Nous appelons également l’Union africaine, les Nations Unies, les missions diplomatiques et l’ensemble de la communauté internationale à maintenir leur engagement auprès des autorités nigériennes afin d’assurer le respect des obligations internationales en matière de droits humains et la protection de l’espace civique.
En Afrique de l’Ouest, la démocratie ne peut s’épanouir là où journalistes, défenseurs des droits humains et acteurs de la société civile sont exposés à des détentions arbitraires pour avoir exercé pacifiquement leurs libertés fondamentales. La détention de Moussa Tchangari dépasse le seul cadre nigérien : elle constitue une préoccupation régionale qui interroge l’avenir de la gouvernance démocratique, de la participation citoyenne et de la protection des droits humains dans notre sous-région.
Nous exprimons notre solidarité avec Moussa Tchangari, sa famille, ses collègues et toutes celles et ceux qui continuent de défendre les droits humains dans des conditions de plus en plus difficiles. Nous réitérons notre appel à sa libération immédiate et exhortons les autorités nigériennes à respecter l’État de droit et les droits fondamentaux de tous les citoyens.
SIGNATAIRES
Les organisations signataires :
- #FixPolitics – Nigeria
- 21st Century Community Empowerment for Youth Initiative (CEYWI) – Nigeria
- Accountability Lab – Nigeria
- Africa Network for Environment and Economic Justice (ANEEJ) – Nigeria
- African Centre for Media & Information Literacy (AFRICMIL) – Nigeria
- Alliance on Surviving COVID-19 and Beyond (ASCAB) – Nigeria
- Amnesty International (AI) – Nigeria
- Association of Journalists on Mining and Extractives (AJME) – Sierra Leone
- Beakanyang Organization – The Gambia
- Borno Coalition for Democracy and Progress (BOCODEP) – Nigeria
- CAFSO-WRAG for Development – Nigeria
- Campaign for Good Governance (CGG) – Sierra Leone
- Campaign for Just Mining (CJM) – Sierra Leone
- Centre for Democracy and Development (CDD-West Africa) – Nigeria
- Centre for Democratic Research and Training (CRDDERT) – Nigeria
- Centre for Information Technology and Development (CITAD) – Nigeria
- Centre for Leadership, Strategy and Security (Centre LSD) – Nigeria
- Centre for Social Justice (CSJ) – Nigeria
- Centre for Transparency Advocacy (CTA) – Nigeria
- Civil Rights Council – Nigeria
- Civil Society Coalition on Sustainable Developme (CSCSD) – Nigeria
- Civil Society Legislative Advocacy Centre (CISLAC) – Nigeria
- Conscience for Human Rights and Conflict Resolution (CHRCR) – Nigeria
- Corporate Accountability and Public Participation Africa (CAPPA) – Nigeria
- Edward Francis Small Centre for Rights and Justice (EFSCRJ) – The Gambia
- Emergency and Risk Alert Initiative (ERAI) – Nigeria
- Emma Ezeazu Centre for Good Governance and Accountability (formerly Alliance for Credible Elections) – Nigeria
- Ene Obi Centre for Development (ECD) – Nigeria
- Environmental Defenders Network (EDEN) – Nigeria
- Feminism Lab – Nigeria
- Foundation for Environmental Rights Advocacy & Development (FENRAD) – Nigeria
- Gambia Angainst Looted Asset (GALA) – The Gambia
- Gambia Participate – The Gambia
- Gender and Reproductive Health Youth Advocacy Network (GRAYBETWORK) - Ghana
- Girl Child Concern (GCC) – Nigeria
- Global Rights – Nigeria
- Good Governance Team (GGT) – Nigeria
- Health of Mother Earth Foundation – Nigeria
- Health of Mother Earth Foundation (HOMEF) – Nigeria
- Human & Environmental Development Agenda (HEDA Resource Centre) – Nigeria
- Integrated Social Development Centre (ISODEC) – Ghana
- International Press Centre (IPC) – Nigeria
- Livelihood and Environment (LEG) – Ghana
- Media Rights Agenda (MRA) – Nigeria
- Mothers and Marginalized Advocacy Centre (MAMA Centre) – Nigeria
- Movement for the Transformation of Nigeria (MOTiON) – Nigeria
- National Association of Democratic Lawyers (NALD) – Nigeria
- Natural Resources Governance and Economic Justice (NaRGEJ) – Sierra Leone
- Network Movement for Justice and Development (NMJD) – Sierra Leone
- OilWatch Ghana
- OrderPaper Advocacy Initiative – Nigeria
- Organization for Community Civic Engagement (OCCEN) – Nigeria
- Organisation pour le Renforcement des Capacités de Développement (ORCADE) – Burkina Faso
- Organisation of Trade Unions of West Africa (OTUWA) - Nigeria
- Partners West Africa Nigeria (PWAN) – Nigeria
- Peering Advocacy and Advancement Center in Africa (PAACA) – Nigeria
- Policy Alert - Nigeria
- Public Interest Lawyers’ League (PILL) – Nigeria
- Regional Centre for Governance and Security Policy Initiative (RCGSPI)– Sierra Leone
- Resource Centre for Human Rights and Civic Education (CHRICED) – Nigeria
- Rule of Law and Accountability Advocacy Centre (RULAAC) – Nigeria
- Say No Campaign – Nigeria
- Social Development Integrated Centre (Social Action) – Nigeria
- Socio-Economic Research and Development Centre (SERDEC) – Nigeria
- Socio-Economic Rights and Accountability Project (SERAP) – Nigeria
- Spaces for Change (S4C) – Nigeria
- State of the Union (SOTU) – Nigeria
- Tax Justice and Governance Platform (TJ&GP) – Nigeria
- Transparency International (TI) – Nigeria
- Tunani Initiative – Nigeria
- We the People (WTP) – Nigeria
- West Africa Centre for Public Policy (WACPP) – Senegal
- West Africa Civil Society Institue (WACSI) – Ghana
- West Africa Democracy Solidarity Network (WADEMOS) – Ghana
- Women in Mining and Extractives (WoME)– Sierra Leone
- Women’s Association for Women and Victims’ Empowerment (WAVE) – The Gambia
- Yes-Africa – Nigeria
- Youth Initiative for Advocacy, Growth and Advancement (Yiaga-Africa) – Nigeria
- Zero-Corruption Coalition (ZCC) – Nigeria