Le CDD condamne le coup au Mali et appelle au rétablissement de l’ordre constitutionnel

Le Centre pour la démocratie et le développement (CDD) condamne sans réserve la prise de pouvoir inconstitutionnelle au Mali. C’est le moment de prendre des mesures immédiates pour rétablir un ordre démocratique, fondé sur l’État de droit, le respect des droits de l’homme et un système de gouvernance ancré dans la volonté du peuple malien.  Le CDD considère le respect des droits de tous les fonctionnaires détenus, y compris le Président Ibrahim Boubacar Kéita, comme une voie non négociable pour résoudre la situation politique au Mali.

Le renversement des gouvernements constitutionnellement élus est un anachronisme qui n’a jamais résolu les défis nationaux. Le Protocole de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la démocratie et la bonne gouvernance (CEDEAO) (A/SP1/12/01) stipule clairement dans son article 1(b) que toute accession au pouvoir doit se faire par des élections libres et transparentes. De même, l’article 1(c) énonce explicitement la tolérance zéro de la Communauté à l’égard des pouvoirs obtenus ou maintenus par des moyens anticonstitutionnels. Le CDD appelle donc le peuple malien, à ne pas légitimer l’action anti-démocratique des soldats mutins, mais à exercer une pression maximale pour le rétablissement du gouvernement constitutionnel.   

Bien que les dirigeants de la mutinerie aient affirmé qu’ils ne souhaitaient pas s’accrocher au pouvoir, le CDD demande que ces assurances soient évaluées, non pas au niveau de la rhétorique, mais sur la base de mesures immédiates pour restaurer la démocratie. Il est pertinent de noter que l’article 36 de la constitution malienne stipule que si le Président de la République est empêché de façon temporaire de remplir ses fonctions, ses pouvoirs sont provisoirement exercés par le Premier ministre. Le CDD appelle la communauté diplomatique, y compris les Nations Unies, l’Union européenne, à exercer une pression maximale sur le régime jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit rétabli au Mali.